La Gazette du Canal n° 30 - Dossier

(hiver 2001/2002)

Le journal de tout le 10e arrondissement de Paris

Le 10e connaît la musique

Où écouter de la musique
dans le 10e

Vos oreilles s'ennuient ?
Voici quelques lieux du 10e où l'on peut boire un verre, grignoter ou danser tout en exerçant ses papilles auditives à la musique live. Cette liste est loin d'être exhaustive, et libre de toute publicité.

Dessin : Sylvain Gautier

Pour connaître les programmes au jour le jour, munissez-vous du journal " LYLO " (Les yeux, les oreilles) qui répertorie tous les concerts de la capitale demi-heure par demi-heure. Il tient dans la poche, il est gratuit et publié dans le 10e (que des qualités !…). Il paraît deux fois par mois et on le trouve chez les disquaires, dans les médiathèques de la ville de Paris ainsi que dans la plupart des lieux cités dans cet article.

NB : les prix sont donnés à titre indicatif.

Les salles de concerts

L'Espace Jemmapes

116 quai de Jemmapes
(01.48.03.11.09)
Spectacles à 20h30, entrée payante (8 €)

L'Espace Jemmapes propose souvent sa salle à des auteurs-compositeurs-interprètes. Pour exemple tous les lundis soir du 15 octobre au 24 décembre ont été consacrés aux " Filles du Canal " que l'on pourra retrouver le 19 février prochain. Bien sûr d'autres concerts sont prévus…

Le New Morning

7, rue des Petites-Écuries
(01.45.23.51.41)
http://www.newmorning.com/fr/
Concerts à 21h00, entrée payante (de 18 à 23 €)

On peut bien sûr y boire un verre, mais c'est surtout pour la qualité de ses concerts que cette salle, qui a fêté son vingtième anniversaire en 2001, est internationalement connue. On peut y entendre autant de styles que du jazz, rock, blues, salsa, reggae, cuba, musiques du monde, etc.

Dessin : Sylvain GautierL'Opus, jazz & soul club

167 quai de Valmy
(01.40.34.70.00)
http://www.opus-club.com
Entrée la plupart du temps payante (6 à 10 €).

Ancienne fabrique de papier aménagée il y a une dizaine d'années en salle de concert, c'est un espace à la fois vaste et intime qui reçoit des groupes de musiciens confirmés dans tous les styles du jazz au rythm'n blues en passant par la musique pop, hard ou world. Le mardi est plutôt consacré au jazz, la mercredi au gospel, pop et world, le jeudi au funk . Quant aux vendredis et samedis tout est possible. On peut aussi y dîner.

Les bars

Dessin : Sylvain Gautier

Chez Adel

10 rue de la Grange-aux-Belles
(01.42.08.24.61)
Concerts tous les soirs à 21h, entrée gratuite.

Un café sans façons ni trompettes aux consommations à un prix plus que raisonnable pour écouter des groupes où musiciens solos dans des styles très éclectiques : jazz, folk, pop, musique bretonne, blues, chansons russes ou françaises, etc. 

La Pointe Lafayette

230, rue Lafayette
(01.46.07.29.30)
Concerts tous les vendredis et samedis à 21h, entrée payante les soirs de concert (5 €) qui donne droit à une consommation.

Dans un bar qui donne l'impression d'être dans un vaisseau sous-marin ouvert sur Stalingrad, concerts pour tous les curieux des nouvelles tendances musicales (country punk, raga, hiphop, rock, jazz punk…).

On peut y dîner

L'Atmosphère

49, rue Lucien-Sampaix
(01.40.38.09.21)
Concerts les vendredis et samedis à 20h30, le dimanche à 17h00, entrée gratuite.

Bistrot où, dans une ambiance toujours très cool, se produisent souvent des auteurs-compositeurs. On y trouve autant de styles que de groupes (" chanson pop décalée ", " chansons swing manouche et claquettes ", " électro-jazz et poésie ", etc.).

Le Kibélé

12 rue de l'Échiquier
(01.48.24.57.74)
Concerts les vendredis et samedis à 21h30 et certains jours de semaine, entrée payante (de 5 à 8 €), pour assister au concert quand il est donné dans une salle au sous-sol du restaurant.

Le Kibélé est tout à la fois un restaurant de délicieuses spécialités turques, une salle d'exposition de peintures et de sculptures et enfin un lieu où se produisent dans une ambiance animée des groupes dont la musique voyage de l'Europe de l'Est au pourtour méditerranéen (ex. : jazz oriental tzigane, chansons métissées, musique des Balkans).

Le Panier

32 rue Sainte-Marthe
(01.42.01.38.18)
Entrée gratuite.

Dans un restaurant non conventionnel qui sert aussi de salle d'exposition (ils cherchent en ce moment un artiste qui désire exposer) on peut y écouter certains soirs du jazz, de la musique du monde ou de la chanson française.

Le Falstaff
15 rue de Dunkerque, en face de la Gare du Nord, 
(01.42.85.12.93)
Concerts les jeudis, vendredis et samedis à 21h30, entrée gratuite.

Concerts de rock, blues, reggae dans un pub aménagé à l'arrière d'une brasserie.

Hôtel du Nord

102 quai de Jemmapes
(01.40.40.78.78)
Entrée payante ou gratuite selon les concerts.

Du concert de jazz manouche à la chanson française dans un décor qui évoque le bistrot des années 40.

Enfin (et non des moindres) : pour les amoureux de la danse

Dessin : Sylvain Gautier

La Java

105, rue du Faubourg-du-Temple
(01.42.02.20.52)
Concert salsa tous les vendredis et samedi soirs de 1h à 4h du matin, entrée payante (15,24 €)

Située dans une galerie marchande construite dans les années 20, cette salle (une des plus anciennes de la capitale) est considérée comme le tremplin de la scène latino à Paris. C'est un lieu festif et chaleureux où toutes les générations se retrouvent pour guincher aux sons afro-cubains, antillais, colombiens ….

Il y a un projet de scène ouverte aux nouveaux comédiens chanteurs ou musiciens tous les lundis entre 20h30 et 23h30. À suivre…

Comme on peut le constater, il y a dans le 10e tout un tas d'endroits bien sympathiques où l'on peut écouter des concerts. Bonnes soirées à venir !

Anne-Marie Couic



Le carré Latin

Dessin : Sylvain Gautier

Casa 128

128, rue Lafayette
(01.48.01. 05.71)
Entrée gratuite pour les filles mercredi, jeudi et vendredi de 22h à 23h.

Restaurant, bar et discothèque. Une cuisine tropicale habillée de spectacles envoûtants. Styles musicaux : R'nB, salsa, samba, souk, n'dobolo, merengue…

Même si cet endroit a perdu un peu de son authenticité, il reste une valeur sûre, réputée de Bogota à la gare du Nord.

Les étoiles

61, rue du Château-d'Eau
(01.47.70.60.56)
La Fiesta tous les jeudis, vendredis et samedis. Dîner tipico, groupes latinos. Dîner + concert 18,5 €.

Dernièrement les étoiles brillent un peu moins, se renseigner sur le programme avant d'y aller.

Rumba café

4, boulevard de Strasbourg

Le petit dernier essaie de faire sa place. Si la piste de danse est petite, la déco est pas mal, un peu " temps danse ".

Juste au-dessus sur le même trottoir, El Globo propose de temps à autre de la musique électronique, un autre genre. Il faut essayer au moins une fois.

Pour connaître toutes les infos : deux sites Internet, demandez à Yahoo ! de vous trouver Hot Salsa et Radio Latina.

Gérald Masnada



CharlElie… et écrit dans La Gazette

La Gazette du Canal : Le 11e est plus zen, le 14e plus 'zicos, le 20e plus rock, le 9e plus pince-fesses, et le Marais plus " madame est servie ". Pourquoi tes oreilles ont-elles fait échouer le reste de ton corps dans un arrondissement cacaphonique ?

CharlElie Couture : Le hasard a voulu que je trouve un endroit proche de la gare de l'Est. Mes parents habitent encore à Nancy, et j'ai de temps en temps à prendre le train " en passant par la Lorraine ".

LGDC : Est-ce dû à un héritage qui t'a obligé à te fixer dans un coin dont tu n'as rien à faire ?

CC : Il se trouve que la première fois que je me suis installé à Paris, c'était déjà dans ce quartier. Mes premiers concerts à Paris en 1979, eurent lieu sur la péniche de Jean-Paul Farré, amarrée canal Saint-Martin, à deux pas de l'endroit où je vis actuellement.
Coïncidence.

LGDC : Quand tu vas t'acheter tes clopes et que tu te perds dans le quartier, dans quel lieu de perdition te retrouves-tu ?

CC : Il y a deux endroits que j'aime bien dans le quartier : l'ambiance de " Chez Papa ", rue Lafayette et un peu plus loin dans la même rue, un petit caf/conc', au bord du canal qui s'appelle " La
pointe Lafayette ". C'est là que j'y ai découvert la fanfare " Goulab Jamoon " qui est venue faire ma première partie à l' Olympia.

LGCD : Si ta grand-mère faisait du vélo, l'autoriserais-tu à utiliser les pistes cyclables ?

CC : Ma grand-mère, elle fait du skate avec les anges.

LGDC : Laval a habité le Faubourg-Saint-Martin, puis l'avenue Foch, puis il a été condamné à mort. Si tu ne vas pas avenue Foch, est-ce pour rester en vie ?

CC : Du moment que je peux travailler là où je vis, je suis en vie.

LGDC : Te sens-tu plus proche de ta concierge, du maire d'arrondissement ou du métro ?

CC : Je suis proche de ce porche, dans lequel aucune Porsche ne passe.

LGDC : Une réflexion, une pensée, une maxime qui résume la façon dont tu baignes dans ton environnement.

CC : Je suis plus à l'aise dans les lieux privés que dans les lieux communs.

CharlElie Couture,
(propos électroniquement recueillis par Benoît Pastisson)



Le un-zéro est dans la place

Les cités de banlieue n'ont pas l'exclusivité du rap. Des ados rimeurs, on en trouve aussi par ici, à Jacques-Bonsergent, à la Grange-aux-Belles, rue Saint-Maur ou rue du Terrage. L'occasion de vérifier avec eux si ce qu'on dit de leur musique est vrai ou non.

Cliché n° 1 : c'est une musique de racaille

Ils n'ont rien à voir avec le modèle bad boy, façon Joey Star. Samuel, Zïad et Fabrice ne feraient pas de mal à un caniche nain, encore moins à une hôtesse de l'air. Ils ont 16 et 17 ans, se connaissent depuis leur 6e au collège Valmy et rappent ensemble depuis deux ans. Le mercredi, quand ils ne suivent pas les cours de leurs BEP respectifs, ils se retrouvent sur la place Raoul-Follereau. Et parfois, " ça dégénère ". " Y'a des périodes, surtout quand l'été arrive, les cerveaux fondent ", raconte Fabrice. Il met en cause les gars de la Grange-aux-Belles et ceux de Saint-Maur. " Quand ils veulent prendre le métro pour aller à Châtelet, ils passent par là. Ils viennent et ils cherchent des prétextes pour que ça parte en couille. Avant le quartier était plutôt calme. Tout le monde se serrait la main. Maintenant c'est la guerre. Y'a que le canal qui nous sépare : c'est con d'en arriver là. On se connaît tous, on a grandi ensemble. Et du jour au lendemain, y'a cette
rage. On se demande pourquoi. "
Les trois du Terrage eux, se gardent bien dans leurs textes d'attiser les rivalités tribales. " On est des prêcheurs de la paix " dit Samuel dans un sourire, tout surpris de s'appliquer à lui-même des épithètes aussi pompeuses.

Cliché n° 2 : le rap favorise
le repli identitaire

Paul Ives est auteur-compositeur, il a écrit des chansons pour Bashung, Lio et travaille actuellement sur le prochain film de Lelouch. Il donne aussi des cours d'anglais au centre d'animation de la Grange-aux-Belles. À voir les gamins et leurs mamans venir à sa rencontre pour le saluer dans les couloirs du centre, on comprend que sa gentillesse ne laisse personne indifférent. Sollicité par Rachida, éducatrice de l'AJAM, une association basée rue de Lancry, Paul a pris un temps sous son aile les rappeurs de " 10e comité ". " Des gars très gentils ; j'ai eu de très bons rapports avec eux. " Mais la collaboration a cessé après la dernière fête de la musique.

Ce jour là, Paul s'était chargé du réglage de la sono en fournissant lui-même une partie du matériel. Entre un choeur d'enfants et plusieurs groupes de rap, il avait prévu lui aussi de jouer avec sa bande de copains. Les amateurs de rap n'ont apprécié ni son look ni sa tendance musicale, plutôt pop-rock. " J'ai été agressé, pas physiquement mais ça a été absolument terrible. " Au moment de monter sur la scène, un jeune type qu'il avait vu faire du scratch l'interpelle : " Hey, Johnny ! " (Paul porte des cheveux décolorés en pétard). La suite du message lui revient dans ces termes : " ce que tu fais avec ton groupe, on n'en veut pas. Alors tu prends tes instruments et tu te casses sinon ton matos finit en miettes. " Paul n'a pas cherché à vérifier si la centaine d'individus que lui désignait son admirateur du doigt, étaient tous des amis à lui et s'ils partageaient son jugement esthétique. " Je ne meurs pas pour une fête de la musique. " Après que son interlocuteur lui ait lancé : " on est chez nous ici ", il s'est rangé à ses arguments sans essayer d'en discuter la pertinence.

Aujourd'hui, Paul se dit surtout déçu que ses jeunes amis rappeurs ne soient pas venus à son secours au moment où on le menaçait. Victime de la connerie isolationniste et sectaire, il n'a pas renié ses convictions pour autant. " Je me suis engueulé avec tout le monde dans le quartier parce que je suis un des derniers défenseurs de ces types-là. Mais à un moment donné, personne ne pourra plus les soutenir. Ils donnent tellement raison à tout ça ", soupire-t-il en pensant aux discours qui alimentent la psychose sécuritaire du moment.

L'expérience d'Anne Soley, qui accueille les enfants du Terrage au club Tournesol, montre que la musique n'est pas nécessairement un instrument de séparation entre " nous " et " les autres ". Anne a vu la vague du rap emporter les gamins du quartier au début de la décennie passée. Depuis cette époque elle les a toujours encouragé à se lancer dans l'écriture. Pour le compte du groupe LAM, elle a même failli embrasser la carrière de manager. " J'ai fait une dizaine de concerts avec eux ; j'ai filmé, j'ai pris des photos. J'étais toute fière de voir mes garçons sur scène. Les parents eux n'étaient jamais là. Je ne sais même pas s'ils étaient au courant. " Avec ses protégés, Anne a eu l'occasion d'échanger des références. Elle s'est plu à leur faire découvrir d'autres rythmes " le classique, le tango, des trucs de vieux, ringards quoi. " Ils n'ont pas trouvé ça si mauvais puisqu'ils ont puisé dans cette matière une quantité de samples qu'ils ont intégré à leurs propres morceaux. L'un des membres du groupe a même confié à Anne : " c'est une musique qui me traverse le corps ". Quand de leur côté, les gars lui demandaient si elle aimait le rap, Anne répondait : " Non, mais j'aime vous voir chanter. " " L'important était qu'ils m'initient ", analyse-t-elle aujourd'hui. Ils n'ont pas réussi à la convertir mais " la musique c'est comme l'art en général, il faut du temps pour comprendre. "

Cliché n°3 : le rap
est misogyne

" Vas-y remue ton string ". Voilà le genre d'encouragement que peut recevoir une fille qui se produit devant un public hip hop. Kamissa et Assétou ont été témoins de ce genre de scène. Ces deux jumelles de 17 ans, élèves au lycée Siegfried, ont commencé à se tailler une petite réputation sous le nom des soeurs " Face à Face ". Des jeunes filles qui comme elles essaient de percer dans le rap, elles les comptent sur les
doigts d'une main amputée d'un ou deux doigts. " C'est vraiment un milieu sexiste et macho " reconnaissent-elles. Indignées d'entendre " la femme traitée comme un objet " dans les textes des rappeurs, elles prétendent qu'elles n'ont pas encore eu à souffrir de la mâle domination dans leur toute jeune carrière. Le choix de leurs tenues de scène prouve pourtant qu'elles sont contraintes de composer avec les " attentes " bien précises de leur public. " Quand on arrive sur scène, on est en pantalon ". Elles refusent de passer pour des " tassepés ", des jouets sexuels en se mettant à poil mais elles négligent aussi le look cité, unisexe, Lacoste et bonnet : " on serait plus des filles sinon. " Soumises à cette double contrainte, Kamissa et Assétou bricolent : " on essaie d'équilibrer notre image pour garder notre identité féminine. "

Le rap aurait pu les rejeter ; les jumelles l'ont apprivoisé. Elles en ont fait un instrument d'émancipation en l'utilisant notamment comme une passerelle vers des formes culturelles qui leur étaient inconnues jusque-là. À partir du noyau rap, leurs centres d'intérêts se sont élargis et diversifiés. Elles suivent désormais des cours de théâtre, de danse contemporaine et envisagent de se lancer dans le chant lyrique pour apprendre à mieux maîtriser leur voix. Et si les garçons ne sont pas disposés à leur faire une place, elles sont prêtes à les bousculer un peu.

Cliché n° 4 : les rappeurs endossent toujours
l'habit de la victime

(…En plus, ils sont paranos et s'imaginent persécutés par l'État, la police, la télé et les aliens de l'espace.)

Pas plus que le blues, le rap n'a été conçu pour vanter les bienfaits de l'existence. La posture de base du rappeur est celle d'un mec " véner ". Fabrice (alias Ghetta-peuk's) voudrait échapper à ce stéréotype : " à la base si je fais du rap c'est pour faire danser les gens ". Mais le morceau fétiche qu'il interprète avec ses collègues Zïad et Samuel est une conventionnelle (et malgré tout convaincante) diatribe anti-système dans laquelle il prend pour cible " l'état français ", son hypocrisie, ses magouilles, etc. Pas simple d'échapper au conformisme. Un jeune rappeur doit adopter les codes en usage ou risquer de ne pas être entendu. Son attitude se détermine en partie par mimétisme. L'ado rimeur du un-zéro abordera donc les mêmes thèmes que celui du neuf-trois qui lui-même s'inspire de ce qui vient des États-Unis. à en croire les textes, le 10e, c'est Sarcelles et Sarcelles, c'est Harlem. Donc le 10e, c'est aussi un peu Harlem. Le ghetto a fait le rap, aujourd'hui le rap le lui rend bien.

Manu Loiret



Apprendre et pratiquer la musique dans le 10e
Les centres d'animation et le conservatoire municipal

Cet article donnera quelques pistes à ceux qui souhaitent trouver un organisme où apprendre ou pratiquer la musique. Il y a dans le 10e quatre centres d'animation et un conservatoire municipal où on peut le faire (vous trouverez à la fin de cet article les coordonnées de chaque organisme). Même si les disciplines musicales enseignées sont quelquefois les mêmes, ces organismes diffèrent par leur statut, leur esprit, l'organisation de leur enseignement, etc.
Qu'en est-il ?

Les statuts

Les centres d'animation sont gérés par une association loi 1901 (Club recherche et loisirs du 10e) et subventionnés par la mairie de Paris.

Le conservatoire municipal d'arrondissement " Hector Berlioz " comme son appellation l'indique dépend de la mairie du 10e. Il abrite aussi dans ses murs une association type loi 1901, " L'association des cours pour adultes du conservatoire du 10e " qui n'est pas subventionnée.

Leur finalité

Dessin : Sylvain Gautier La pratique musicale dans les centres d'animation est considérée comme une activité de loisir tandis que le conservatoire est une école où l'enseignement est organisé au sein d'un cursus et où les cycles sont
sanctionnés par des examens de passage (voire des diplômes). Cet enseignement permet à ceux qui le désirent de s'orienter vers une carrière artistique.

Cependant, les cours pour adultes ne sont validés par aucun diplôme et sont aussi considérés comme des activités de loisir.

Les publics visés

Dessin : Sylvain Gautier Les centres d'animation comme le conservatoire s'adressent aussi bien aux Parisiens qu'à ceux qui ne résident pas à Paris.

Du point de vue de l'âge, on peut débuter dans une activité musicale à tout âge dans un centre d'animation tandis qu'au conservatoire, il vaut mieux commencer le plus tôt possible. En effet un âge trop avancé peut être une barrière pour entreprendre
l'étude de la musique. Pour ceux qui auraient dépassé la limite d'âge, il y a les cours pour adultes.

Les activités proposées dans les centres d'animation

NB : toutes les activités ne sont pas proposées dans tous les centres mais seulement dans certains d'entre eux.

Dessin : Sylvain Gautier - Pour les enfants :

Éveil et initiation musicale (3-6 ans), musique junior (+6 ans), chorale, piano, violon, flûte traversière, guitare classique et guitare moderne.

Dessin : Sylvain Gautier - Pour les adolescents :

Mêmes instruments que pour les enfants, comédie musicale, chant, percussions, formation musicale.

- Pour les adultes :

Mêmes instruments que pour les enfants, " Espace chanson ", chant classique et variétés, violon, guitare classique et moderne, flûte traversière, piano, ensemble vocal.

À noter que les centres s'adaptent à la demande et chaque année proposent deux ou trois nouvelles activités.

Disciplines proposées au conservatoire

- Pour les enfants Dessin : Sylvain Gautier

Éveil musique et danse (5 ans), initiation musicale (6 ans), ces deux activités ne sont pas imposées.

Ensuite : le cursus comprend du solfège (acquisition des bases obligatoires) ;

Puis : Dessin : Sylvain Gautier chant, chorale ou pratique d'un instrument (violon, alto, violoncelle, contrebasse, harpe, guitare, orgue, piano, flûte traversière Dessin : Sylvain Gautier hautbois, clarinette, saxophone, basson, cor, trompette, cornet, trombone, tuba saxhorn). Atelier jazz, théâtre musical.

- Cours pour adultes

Piano, piano-jazz, guitare Dessin : Sylvain Gautier, chant, violon, violoncelle, contrebasse, saxophone jazz, clarinette, trompette, atelier-chansons, solfège, solfège chanteurs, harmonie, musique de chambre, orchestre.

Et encore

Les activités et cours commencent dès septembre dans les centres d'animation comme au conservatoire. Ils se déroulent hors vacances scolaires bien que pour certaines activités les centres d'animation organisent des stages pendant les vacances.

On peut commencer à se renseigner dès mai-juin et le guide des activités des quatre centres d'animation est disponible à la mi-juin à l'accueil de la mairie.

À noter que les centres d'animation donnent la possibilité d'une séance d'essai en début d'année.

De manière plus spécifique les centres d'animation peuvent jouer un rôle d'aide et de conseil auprès des jeunes artistes dont le projet a été sélectionné dans le cadre de l'opération " Paris Jeunes Talents "

De son côté, le conservatoire organise régulièrement des concerts d'élèves à l'auditorium du conservatoire ou dans d'autres salles du 10e.

Maintenant, tous à vos instruments ou cordes vocales !

Anne-Marie Couic

Les adresses

Espace Château-Landon

31, rue de Château-Landon
Tél. : 01-46-07-84-12

Centre d'animation
Grange-aux-Belles

55, rue de la Grange-aux-Belles
Tél. : 01-42-03-40-78

Espace Jemmapes

116, quai de Jemmapes
Tél. : 01-48-03-33-22

Centre d'animation
Jean Verdier

11, rue de Lancry
Tél. : 01-42-03-00-47

Conservatoire Hector Berlioz

6, rue Pierre Bullet
Tél. : 01.42.38.33.77



Le conservatoire de musique du Xe

Le conservatoire Hector Berlioz se situe dans une petite rue à côté de la mairie. C'est un lieu vivant ou l'on croise indifféremment des jeunes enfants chargés d'une variété surprenante d'instruments, d'adolescents convaincus d'être les futures stars du rock/rap ainsi que des adultes l'air heureux d'être là, une ambiance de détente et plaisir flotte dans l'air.

Le conservatoire dispense une variété de cours permettant à tous de trouver son bonheur. Les cours de solfège accompagnent la formation instrumentale de chaque élève. L'apprentissage de la musique et en particulier d'un instrument est donc global car même le solfège est divisé en trois niveaux. Quant aux instruments, les possibilités sont vastes allant de l'incontournable cours de piano aux classes d'orchestre sans oublier les leçons de chants. Les cours sont dispensés durant l'année scolaire, le début des cours a lieu en octobre et se termine au mois de juin avec un examen de contrôle de connaissances.

La mélodie du bonheur

Le choix des cours proposé par le conservatoire est complet et varié. Il y a des cours de piano et de piano-jazz mais aussi du chant, de la musique de chambre et pour les compositeurs en herbe des ateliers chansons en cinq séances. Les instruments à cordes ne sont
certainement pas oubliés car on trouve des cours de guitare et de violon mais en plus des cours de contrebasse et de violoncelle. Le plus surprenant de tout c'est l'ensemble des instruments à vent ainsi que les cuivres : de la flûte, du hautbois, du saxophone, de la clarinette et l'incontournable trompette. On comprend mieux pourquoi il y a aussi des cours " d'orchestre " ! Les cours musicaux durent une demi-heure et se découpent en deux étapes, le
déchiffrage (c'est là où l'on comprend l'importance et la complémentarité des cours de solfège) et l'interprétation.

Sortir des sentiers battus

Pour les mélomanes à la recherche de nouveauté, le conservatoire Hector Berlioz propose aussi des cours de chant qui permettent de travailler à partir d'un répertoire lyrique ainsi que des cours d'une heure comprenant piano-jazz et harmonie. Ces derniers se concen-trent sur le travail spécifique du son, du phrasé et de l'improvisation menant à la réalisation harmonique des standards du genre, mais uniquement sur audition préalable. Pour compléter ou développer des connaissances musicales l'enseignement de l'histoire de la musique est dispensé deux heures par semaines.

Donc tous à vous instruments pour la rentrée 2002 !

Élodie Marchand